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La trouvaille du jour — Le petit taille-crayon qui repart en partance

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Il est arrivé là, presque timidement, avec son air de ne rien demander. Un taille-crayon de bureau en bakélite, avec sa petite manivelle elle aussi en bakélite, vers 1930. Un objet simple, utile, solide, de ceux que l’on fixait au bord d’une table comme on installait un compagnon de travail. Il ne brille pas comme un bijou, il ne joue pas les grandes dames Art déco, il ne réclame pas les applaudissements. Et pourtant… Il suffit de le regarder pour que tout un monde se remette à tourner. La manivelle appelle la main. La bakélite sombre garde la mémoire des bureaux anciens, des écoles appliquées, des ateliers où l’on dessinait encore avec lenteur. On imagine les crayons de couleur, le rouge des marges, le bleu des cartes, le vert des arbres inventés, le jaune du soleil que les enfants posaient toujours dans un coin de la feuille. Ce petit objet ne paye pas de mine, non. Mais il a ce charme rare des choses honnêtes, des choses faites pour servir longtemps. Il a connu le bois des p...

L’Art déco ou la femme révélée

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L’Art déco, un art féminin ? Chapeau Dans l’Art déco, la femme n’est jamais livrée d’un seul regard. Elle apparaît lentement, par la ligne, par l’ombre, par la lumière posée sur une épaule. Plus qu’un modèle, elle devient une présence. Il y a dans l’Art déco quelque chose qui ne se livre jamais tout de suite. Il faut l’approcher doucement. Comme on entre dans une chambre encore tiède de lumière. Comme on soulève un voile. Comme on regarde une femme sans vouloir tout comprendre d’elle au premier regard. L’Art déco aime la femme, oui. Mais il ne l’aime pas dans le bruit, ni dans l’abandon facile. Il l’aime dans la ligne, dans la retenue, dans cette manière qu’a une épaule de retenir la lumière avant même que le visage ne se tourne. Il la regarde comme un peintre observe son modèle : d’abord le profil, puis la nuque, puis cette courbe lente qui descend vers l’épaule. Rien n’est précipité. Rien n’est crié. Tout se devine. La femme Art déco n’est pas simplement belle. Elle est cons...