L’arbre généalogique de l’Art déco — Chronique II
Bois précieux, élégance, mobilier, intérieur total. Il y a des hommes qui dessinent des meubles. Et puis il y a ceux qui dessinent une manière de vivre. Dans l’arbre généalogique de l’Art déco, Jacques-Émile Ruhlmann n’est pas une petite branche aimable que l’on accroche au hasard. Il est une branche maîtresse, presque un tronc intérieur. Un bois précieux au cœur de la maison. Un nom qui ne fait pas de tapage, mais qui donne immédiatement le ton. Avec lui, on n’entre pas dans un simple salon. On entre dans une idée du monde. Imaginez la rencontre. Paris, années 1920.La ville sort de ses blessures, mais elle ne veut pas seulement survivre. Elle veut se redresser, se parfumer, se recoiffer, recommencer à recevoir. Les robes se raccourcissent, les cheveux tombent, les lignes se tendent. On veut du moderne, mais pas du froid. On veut du nouveau, mais pas du brutal. On veut du luxe, oui, mais un luxe qui sache se tenir. Et voilà Ruhlmann. Il arrive avec ses bois rares, ses propo...