D’abord, il y eut la courbe. Avant que les talons ne claquent sur les parquets des palaces, avant que le jazz ne secoue les épaules, avant que les femmes ne coupent leurs cheveux et leurs vieilles obligations, il y eut cette grande vague souple, végétale, presque amoureuse : l’Art nouveau. L’Art nouveau ne marche pas. Il pousse. Il grimpe le long des façades, il s’enroule aux rampes d’escalier, il s’accroche aux bronzes, il fait naître des lys dans les lampes, des iris dans les vitraux, des chevelures dans les affiches. C’est une époque qui regarde la nature comme on regarde un corps aimé : lentement, avec trouble, avec désir, avec patience. Les lignes n’y sont jamais pressées Elles serpentent. Elles caressent. Elles reviennent sur elles-mêmes comme une mèche sur une épaule. Dans l’Art nouveau, la femme est souvent songeuse, presque liane elle-même. Elle se confond avec les fleurs, avec l’eau, avec les algues, avec les parfums lourds des fins d’après-midi. Elle est muse, apparition,...
Bienvenue chez La Brocanteuse — Les objets se racontent, un carnet sensible où les objets anciens retrouvent leur voix, où les trouvailles se transforment en récits, et où chaque pièce cherche moins un simple acquéreur qu’une nouvelle maison. À ceux que l’on trouve au détour d’une brocante, d’un grenier, d’une maison oubliée. .