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Affichage des articles associés au libellé Art déco & Art nouveau

Art nouveau, Art déco et Années folles : le grand bal des styles

D’abord, il y eut la courbe. Avant que les talons ne claquent sur les parquets des palaces, avant que le jazz ne secoue les épaules, avant que les femmes ne coupent leurs cheveux et leurs vieilles obligations, il y eut cette grande vague souple, végétale, presque amoureuse : l’Art nouveau. L’Art nouveau ne marche pas. Il pousse. Il grimpe le long des façades, il s’enroule aux rampes d’escalier, il s’accroche aux bronzes, il fait naître des lys dans les lampes, des iris dans les vitraux, des chevelures dans les affiches. C’est une époque qui regarde la nature comme on regarde un corps aimé : lentement, avec trouble, avec désir, avec patience. Les lignes n’y sont jamais pressées Elles serpentent. Elles caressent. Elles reviennent sur elles-mêmes comme une mèche sur une épaule. Dans l’Art nouveau, la femme est souvent songeuse, presque liane elle-même. Elle se confond avec les fleurs, avec l’eau, avec les algues, avec les parfums lourds des fins d’après-midi. Elle est muse, apparition,...

Art nouveau, Art déco : la guerre des différences… ou le bal des tentations ?

On les confond souvent, ces deux-là. On les met dans le même salon, on les appelle cousins, on les marie trop vite. Pourtant, dès qu’on les regarde vraiment, ils n’ont pas la même façon d’entrer dans une pièce. L’Art nouveau arrive comme une femme aux cheveux défaits. Il sent la serre chaude, la fleur mouillée, la tige qui grimpe le long d’une grille, le parfum un peu lourd des soirs d’été. Il ne marche pas : il ondule. Il ne dessine pas : il caresse. Avec lui, tout pousse. Les lampes deviennent fleurs. Les rampes deviennent lianes. Les femmes deviennent songes. Le bronze se cambre, le verre se trouble, la ligne se déhanche. L’Art nouveau ne demande pas la permission. Il s’enroule autour du regard. Il vous attrape par une courbe, par une feuille, par une tulipe de verre allumée comme un fruit mûr. Il est la nature quand elle décide de monter sur scène. Puis l’Art déco entre. Et là, changement de musique. Finies les longues mèches folles, les volutes qui traînent, les arabesq...

Ruhlmann, l’Art déco qui retire les froufrous mais garde les bijoux

Ruhlmann ne simplifie pas pour enlever la beauté. Il simplifie pour qu’elle respire. Ruhlmann, c’est l’Art déco qui retire les froufrous mais garde les bijoux. Et quelle phrase pour ouvrir la porte. Jacques-Émile Ruhlmann n’est pas seulement un décorateur. Il est une allure. Une manière de poser un meuble dans une pièce comme on pose une évidence. Avec lui, l’Art déco ne se contente pas d’être joli : il devient souverain. Né à Paris en 1879, Ruhlmann arrive dans un monde encore chargé de volutes, de bouquets, de courbes Art nouveau et de petits caprices décoratifs. L’époque aime les arabesques, les feuillages, les ornements qui s’enroulent comme des conversations trop longues. Puis vient ce besoin nouveau : respirer. Redresser la ligne. Simplifier sans appauvrir. Garder le luxe, mais lui apprendre la tenue. Et là, Ruhlmann entre en scène. Il ne casse pas la beauté ancienne. Il la peigne. Il ne détruit pas le décor. Il le discipline. I...

Un matin de 1930, les épingles tombèrent sur la coiffeuse. Et avec elles, tout un vieux siècle de silence.

Quittons le chignon en 1930 Mesdames. Défaisons les épingles. Laissons tomber les mèches, les convenances, les “tiens-toi droite”, les “sois raisonnable”. Nous sommes en 1930. Dans les rues, ça bouge. Les automobiles toussent, les vitrines brillent, les cafés débordent de voix, les femmes traversent la ville d’un pas plus rapide. Elles ne flottent plus derrière les rideaux. Elles sortent. Elles regardent. Elles choisissent. Le chignon ? Trop sage. Trop lourd. Trop ancien. Il sent encore le salon fermé, la tante sévère, la nappe brodée, la vie rangée dans un tiroir. Alors on coupe. On ondule. On plaque une mèche contre la tempe. On découvre la nuque comme une provocation. Et soudain, tout change. Une femme entre. Robe noire, bouche rouge, regard droit. Elle n’a pas besoin de parler fort : ses épaules parlent pour elle. Ses bijoux dessinent des éclairs. Son parfum arrive avant son rire. Elle passe, et même les miroirs se retournent. Ce n’est plus seulement une coiffure. C’...

Au secours, je suis perdue dans les siècles !

Au secours… je suis perdue. Perdue dans les siècles, dans les styles, dans les mots savants que l’on sort avec sérieux, comme des clefs rouillées d’un grand trousseau ancien. Art déco ? Moderniste ? Années 30 ? Années 50 ? Céramique émaillée ? Décor géométrique ? Forme éventail ? Base quadrillée ? Mais dis-moi tout, bel objet, puisque toi tu sais sûrement mieux que moi d’où tu viens. Le voilà, posé là, fier comme un petit monument de salon. Il ne raconte pas une histoire de fleurs sages ni de dorures timides. Non. Lui arrive avec ses lignes, ses couleurs, ses contrastes. Du noir profond, du jaune éclatant, une touche de rose, un peu de vert, comme si quelqu’un avait voulu enfermer dans la céramique un morceau de vitrail, une affiche ancienne, un air de jazz et un rayon de soleil. Il a cette silhouette évasée, presque théâtrale, comme une robe qui s’ouvre, comme un rideau que l’on tire avant le spectacle. Sa base noire, quadrillée de fines lignes, lui donne de l’allure, un aplomb,...

Vous avez dit Coco, Coco Chanel ? Une étoile française taillée dans le noir, la ligne et le feu !

Gabrielle Chanel, dite Coco — une femme qui fit de la ligne une liberté, du noir une élégance, et de son nom une légende française. Vous avez dit Coco, Coco Chanel ? Vous avez dit Coco ? Alors déjà le mot claque comme un talon sur le marbre. Coco Chanel n’entre pas dans l’Art déco par la petite porte. Elle y entre droite, presque sèche, avec cette allure de femme qui a décidé qu’on ne l’enfermerait plus jamais dans des mètres de tissu, de baleines, de froufrous et d’obéissance. Elle coupe. Elle simplifie. Elle enlève. Et c’est là tout son génie : elle comprend que le luxe n’est pas toujours dans l’abondance, mais dans la ligne. Une robe noire, une veste bien posée, un tissu souple, un collier de perles, une nuque dégagée, un poignet libre. Rien de trop, mais rien de pauvre. Chez Chanel, l’élégance ne s’excuse pas. Elle respire. Coco ne déguise pas la femme. Elle la libère. La silhouette devient plus droite, plus mobile, presque inso...

L’Art déco, un art féminin ?

L’Art déco, un art féminin ? Il y a dans l’Art déco quelque chose qui ne se livre jamais tout de suite. Il faut l’approcher doucement. Comme on entre dans une chambre encore tiède de lumière. Comme on soulève un voile. Comme on regarde une femme sans la déshabiller trop vite. L’Art déco aime la femme, oui, mais il ne l’aime pas dans le bruit. Il l’aime dans la ligne, dans la retenue, dans cette façon qu’a une épaule de capter la lumière avant le visage. Il l’observe comme un peintre observe son modèle : d’abord le profil, puis la nuque, puis la courbe du cou qui descend lentement vers l’épaule. Rien n’est précipité. Tout se devine. La femme Art déco n’est pas simplement belle. Elle est construite. Elle devient architecture, silhouette, colonne de douceur. Son regard est haut, presque lointain. Sa bouche semble garder un secret. Sa peau reçoit l’or des lampes, le noir des nuits modernes, le reflet des miroirs et des villes dressées derrière elle comme un décor de théâtre. Un sculp...