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Affichage des articles associés au libellé CARNET INTIME

J’ai dix ans à la Porte Dorée Texte dédié à mon papa Marc

C’est un dimanche matin, perdu quelque part dans le temps. J’ai dix ans. Je tiens la main de mon papa, une main douce et ferme, une main qui sait où elle va, une main qui me tient bien, mais qui me laisse rêver. Mon papa est alsacien. Il a les yeux bleu acier, des yeux clairs, solides, presque sévères parfois, mais ce matin-là, dans son regard, il y a un enfant. Un enfant comme moi. Peut-être plus grand, peut-être plus sage, mais émerveillé tout pareil. Alors je suis fière. Fière de marcher à côté de lui. Fière d’être sa fille. Fière d’aller quelque part. Fière de Paris. Fière de ce dimanche qui commence comme une fête. Nous allons à la Porte Dorée. Rien que le nom, déjà, me fait parler, demander, imaginer. La Porte Dorée ? Mais alors elle est dorée ? Toute dorée ? Avec de l’or partout ? Avec des murs qui brillent ? Avec des portes comme dans les châteaux ? J’ai dix ans, je pose mille questions, j’en rajoute, je saute d’une idée à l’autre. Je suis bavarde parce que le monde est ...

Le tendre secret - texte récréation !

Le tendre secret Il y a des mots qui arrivent sans faire de bruit, comme des enfants qui entrent dans une pièce sur la pointe des pieds. Tendre secret en fait partie. Il ne cogne pas à la porte. Il ne réclame rien. Il s’installe là, au bord d’une phrase, avec sa petite lumière dans les mains. On dirait une pause récréation au milieu du monde sérieux, un ruban défait, une fenêtre ouverte, un éclat de rire qui aurait réussi à s’échapper. J’aime ces mots-là. Ils ont du champagne dans les voyelles. Ils pétillent sans faire de bruit. Ils dansent un peu de travers, mais avec grâce. Partance. On dirait une valise légère, posée près d’un banc de gare, prête à suivre le premier rayon bleu. Pétille. C’est un mot qui rit avant même qu’on l’ait prononcé. Champagne. Il a des bulles, de l’or, des robes du soir, des verres qui s’entrechoquent et des promesses qu’on ne tiendra peut-être pas, mais qu’il est délicieux de faire quand même. Folie. Ah, celui-là… Il faut le prendre par la main, m...

Dis, raconte-moi… j’ai cinq ans Texte dédié à mon petit fils Amael

Dis, raconte-moi… j’ai cinq ans Il ne faut pas se fier à sa petite taille. Ce cheval-là n’est pas un jouet ordinaire. C’est un passeur. Avec ses sabots noirs, sa selle verte et son air sérieux de vieux compagnon, il connaît des chemins que les grandes personnes ont oubliés. Il attend, immobile, sur ses deux arcs de bois, mais dans sa tête il galope encore. Il traverse des chambres tièdes, des greniers pleins de poussière d’or, des après-midis de pluie où l’on s’inventait des royaumes avec trois coussins et une couverture. On l’appelait peut-être Sultan, ou Caramel, ou Prince de Minuit. Mais moi, je crois qu’il s’appelait simplement : Raconte-moi. Parce qu’il suffisait de monter sur son dos pour que le monde change. La commode devenait un château. Le rideau, une forêt. Le tapis, une mer immense. Et l’enfant, lui, n’avait plus cinq ans seulement : il était capitaine, chevalier, explorateur, roi d’un pays imaginaire où personne ne disait jamais : “Sois sage.” Il avançait pourtant sa...